Un lieu magique pour l'oeuvre d'Angelo Di Marco

Le Musée du dessin de faits divers installé dans deux maisons du XVIe siècle.

Une belle mise en scène qui leur offre encore un supplément d'âme.
 

Une grande arcade de brique et de pierre ouvre les deux maisons l'une à autre.
Révélée par les travaux d'aménagement, elle prouve que les deux bâtisses, eurent autrefois une destinée commune.

Le plus amusant reste que le percement a été opéré dans le massif de cheminée que partagent les deux maisons !

Comme toutes les vieilles maisons troyennes, celles qui abritent maintenant le musée du dessin de fait divers ont véritablement une âme.
 

Dédale de pièces, hautes et belles charpentes, vieux escaliers de bois aux balustres travaillés, Maître d'oeuvre de ce nouveau musée, André Antoine a tenu à préserver leur identité. Ainsi, la «boutique» a retrouvé sa façade désuète des Docks de l'Union Française, vieille firme rattachée aux Économiques Troyens en 1967.

Le rouge et le gris-bleu dominent sur la vénérable façade de menuiserie et annoncent dès l'extérieur deux des teintes dominantes du musée.
 

A l'intérieur, la simplicité s'affirme. Murs gris, sols couverts de jonc et bois patinés. L'ancienne boutique des Docks est devenue accueil. Piles de vieux exemplaires de Qui Police ? et de Détective, ancienne et nouvelle formule.

Des éléments de décor récurrents d'une pièce à l'autre. Meubles et objets anciens d'abord, manifestés d'évidence par un Adolphe Thiers de bronze grandeur quasi-nature, de grands cadres dorés et deux belles chaises de musiciens.


Car la musique -c'est l'autre constante- est partout évoquée, affirmant sans complexe une des grandes passions d'André Antoine, le fondateur du musée.

Amateurs de jazz, il y a là de quoi vous émouvoir jusqu'aux larmes. Michel Legrand a joué sur le beau demi-queue de l'accueil.

Ailleurs, la contrebasse adossée à un mur a appartenu au jazzman Bud Powel, puis au pianiste de jazz Michel Petrucciani.
 

Dessins noir et blanc servis par la lumière.

La collection est présentée à l'étage. Au-delà de la belle arcade et de l'escalier lazuré. Le gris clair des murs trouve là sa justification.

Dans une pénombre apaisante, des rampes de spots mettent en lumière chacune des originaux d'Angelo Di Marco.

Dans la présentation, pas de contrainte de chronologie, de thème ou de support : du reste, «l'oeuvre de Di Marco est parfaitement cohérente sur cinquante ans», constate André Antoine. Dans cette ambiance, l'art de Di Marco révèle toute sa force. Au pied de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, au coeur de la cité qui fut longtemps le « ventre » de Troyes et connaît aujourd'hui une remarquable mise en valeur.

Jean-Michel Van Houtte.